La conclusion – 2012

Discours de conclusion des Rencontres d’été 2012 des Féministes en mouvements, prononcé par Magali De Haas

C’est à moi que revient l’honneur de conclure nos rencontres d’été et je vais tout d’abord adresser quelques remerciements. Merci d’abord à tous nos soutiens et partenaires, sans qui ces rencontres n’auraient pas pu avoir lieu. Merci à toutes les associations qui font partie de cette aventure  enthousiasmante et notamment au groupe d’animation du collectif. Un grand merci à toutes et tous les volontaires et au petit groupe d’organisation qui a œuvré pour que tout se passe bien. Merci à Frédérique, Josiane et au Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, qui ont filmé les grands temps de ces rencontres pour que nous puissions en garder trace. Et enfin, un remerciement tout spécial au centre Hubertine Auclert, pour le temps consacré à nous accompagner dans la préparation de cet événement. Nous tenons à ce centre et nous mobiliserons pour le garder.

Cette deuxième édition a rassemblé près de 700 personnes. C’est encore plus que l’an dernier ! Nous ne pouvons que nous en réjouir, car cela signifie que la forte fréquentation de l’an dernier, puis de cette édition, n’était pas un simple concours de circonstances, mais le signe d’un véritable regain d’intérêt pour le féminisme. Le mouvement féministe est bien vivant et il continue de se développer !

A travers les échanges entre différentes générations militantes, entre associations aux thématiques et sensibilités variées, à travers la dynamique qui anime notre collectif depuis 18 mois, nous avons déjà réussi plus d’un exploit ! Mieux nous connaître et apprendre à travailler ensemble d’une part, mais surtout positionner la liberté et l’égalité femmes-hommes dans le débat public. Il y a un an ici-même, en parlant de la scène publique, nous avions justement dit « Nous y sommes et nous y resterons ! » Nous y sommes bien restées et ce week-end a confirmé la persistance de notre détermination.

La situation, quelle est-elle ? Les inégalités persistent, la précarité accable des femmes par milliers, les plans d’austérité ne font qu’aggraver la situation économique et sociale et les régressions se succèdent sur la scène internationale avec un relativisme culturel qui gagne du terrain.

Cela dit, force est de constater qu’en un an, le contexte politique a changé. Depuis quelques mois, la gauche est arrivée au pouvoir. Cela a levé des espoirs importants, d’autant plus que quelques signaux forts nous ont été adressés par le gouvernement. Mais nous avons trop souvent été décu-e-s par le passé. Croire que nous adresserons des chèques en blanc serait bien mal nous connaître. La liberté et l’autonomie ont toujours caractérisé le mouvement féministe : servons-nous des opportunités politiques sans en être dépendantes.

De même, si nous nous sommes félicitées de la création d’un ministère, qui était notre première revendication, nous ne cesserons de nous mobiliser pour que la transversalité soit un maître mot dans les politiques publiques, à tous les niveaux. Et bien-sûr, pour que le Service des Droits des Femmes, administration dédiée, ait les moyens d’assumer ses missions, sur tout le Territoire.

La détermination qui est la nôtre sort encore davantage renforcée après ces rencontres. Cette détermination là n’acceptera aucune excuse et ne se satisfera pas d’annonces ou de symboles. Nous voulons des avancées rapides et conséquentes. Notre manifeste porte 30 revendications, première base pour la construction d’une société égalitaire. Il y a une heure, la Ministre a pris des engagements sur beaucoup de sujets. Mais notons que nous n’avons entendu aucun engagement chiffré et très peu d’engagements quant aux échéances. C’est le signe que si la volonté est là, ce qu’on appelle désormais « la rigueur de gauche » risque, et nous le déplorons, de faire passer à la trappe l’égalité, voire d’aggraver les inégalités. C’est donc aussi contre l’austérité que nous devrons nous mobiliser, car, au delà de la précarité qu’elle engendre pour des milliers de femmes, nous avons là le meilleur exemple que les droits des femmes font de plus en plus consensus à gauche mais moins facilement l’objet de réels moyens.

Les échéances sont nombreuses : conférence sociale dès demain et ses suites à l’automne, refonte de la formation des enseignants ou 2e anniversaire de la loi de 2010 contre les violences. C’est pourquoi notre texte de sortie détermine quatre grandes priorités pour l’année qui vient : l’égalité professionnelle et salariale, la lutte contre les violences, l’éducation et le service public de la petite enfance et de la dépendance.

Pour faire aboutir notre projet féministe, il nous faut poursuivre notre travail de rassemblement. FEM est un outil de réflexion, de proposition et de mobilisation : saisissons-le, animons-le et élargissons-le, pour dynamiser les actions de chacune de nos associations et encourager les initiatives inter-associatives, dans toute la France. Durant cette rencontre, des contacts, des relations se sont nouées entre militantes, d’où peuvent surgir des initiatives locales FEM. A travers ces multiples réalisations, nous saurons nous positionner en véritable force politique et en interlocutrices incontournables. Nous appelons toutes les associations et les féministes qui partagent les mêmes valeurs et objectifs à se joindre à ce mouvement.

Les chantiers de l’égalité femmes-hommes ont besoin de la détermination, de l’enthousiasme et des compétences de chacune et chacun d’entre nous : en route !

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